ALFRED HITCHCOCK


"Un film n'est pas une tranche de vie, c'est une tranche de gâteau."

Portrait d'Alfred Hitchcock
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Indiscutablement, les films réalisés par Alfred Hitchcock ont augmenté ma passion envers le cinéma.
Comment, en effet, faire abstraction de films tels que "Psychose", "Fenêtre sur Cour", "La Mort aux Trousses", "Vertigo", etc.
Alfred Hitchcock a profondèment marqué le cinéma et actuellement encore il reste indiscutablement une référence pour de nombreux cinéastes, cinéphiles, spectateurs, vidéophiles !
Nous essaierons avec une grande modestie de présenter quelques films, différents articles, quelques photos pour tenter de faire partager à de nombreux surfeurs notre profonde passion pour cet extraordinaire metteur en scène de cinéma.

Portrait d'Alfred Hitchcock


Alfred Hitchcok a tourné les films suivants :

1922 : NUMBER THIRTEEN (inachevé)
1925 : THE PLEASURE GARDEN (Le Jardin du plaisir)
1925 : THE LODGER (L'Eventreur ou les cheveux d'or)
1927 : DOWNHILL
1927 : EASY VIRTUE (Le Passé ne meurt pas)
1927 : THE RING (Le masque de cuir, La Piste, L'Arène, le Ring)
1928 : THE FARMER'S WIFE (Laquelle des trois)
1928 : CHAMPAGNE ( A l'américaine)
1929 : THE MANXMAN
1929 : BLACKMAIL (Chantage)
1930 : JUNO AND THE PAYCOCK
1930 : MURDER (Meurtre)
1931 : THE SKIN GAME
1932 : RICH AND STRANGE (A l'est de Shanghaï)
1932 : NUMBER SEVENTEEN
1933 : WALTZES FROM VIENNA (Le chant du Danube)
1934 : THE MAN WHO KNEW TOO MUCH (L'Homme qui en savait trop)
1935 : THE THIRTY-NINE STEPS (Les trente-neuf marches)
1936 : THE SECRET AGENT (Quatre de l'espionnage)
1936 : SABOTAGE (Agent secret)
1937 : YOUNG AND INNOCENT (Jeune et innocent)
1938 : THE LADY VANISHES (Une Femme disparaît)
1939 : JAMAICA INN (La Taverne de la Jamaïque)
1940 : REBECCA
1940 : FOREIGN CORRESPONDENT
1941 : MR. AND MRS. SMITH (Joies matrimoniales)
1941 : SUSPICION (Soupçons)
1942 : SABOTEUR (Cinquième colonne)
1943 : SHADOW OF A DOUBT (L'Ombre d'un doute)
1944 : LIFEBOAT
1945 : SPELLBOUND (La Maison du Docteur Edwardes)
1946 : NOTORIOUS (Les Enchaînés)
1947 : THE PARADINE CASE (Le Procès Paradine)
1948 : ROPE (La Corde)
1949 : UNDER CAPRICORN (Les Amants du Capricorne)
1950 : STAGE FRIGHT (Le Grand alibi)
1951 : STRANGERS ON A TRAIN (L'Inconnu du Nord-Express)
1953 : I CONFESS (La Loi du silence)
1954 : DIAL M FOR MURDER (Le Crime était presque parfait)
1954 : REAR WINDOW (Fenêtre sur cour)
1955 : TO CATCH A THIEFF (La Main au collet)
1956 : THE TROUBLE WITH HARRY ? (Mais qui a tué Harry ?)
1956 : THE MAN WHO KNEW TOO MUCH (L'Homme qui en savait trop)
1957 : THE WRONG MAN (Le Faux coupable)
1958 : VERTIGO (Sueurs froides)
1959 : NORTH BY NORHWEST (La Mort aux trousses)
1960 : PSYCHO (Psychose)
1963 : THE BIRDS (Les Oiseaux)
1964 : MARNIE (Pas de printemps pour Marnie)
1966 : TORN CURTAIN (Le Rideau déchiré)
1969 : TOPAZ (L'Etau)
1972 : FRENZY
1976 : FAMILY PLOT (Complot de famille)


Alfred Hitchcock naît en 1899 dans la banlieue de Londres. Dès son plus jeune âge, celui-ci est un enfant solitaire et peureux. Il n'avait pas d'amis dans son enfance et jouait la plupart du temps seul. Très vite, il n'aime pas la police, les religieux. Ce n'est pas un enfant intellectuel, mais plutôt un passioné de la technique, allant d'ailleurs jusqu'à la recherche de la perfection.
Il débute sa carrière cinématographique en 1922 avec un premier film - Number Thirteen - mais le projet avorte. Il devient ensuite assistant metteur en scène. En 1923, il rencontre sa future femme Alma Reville au cours du tournage de Woman to woman. C'est en 1926 qu'il réalise son premier film - The Pleasure Garden - puis un second la même année - The Mountain Eagle - qualifié par Hitchcock de mauvais film et d'ailleurs désormais perdu.
En 1926, il réalise un film important : The Lodger. On retrouve dans celui-ci beaucoup de'éléments qui jalonnent son oeuvre : une jeune femme blonde, un assassin, un homme accusé à tort...
Les films suivants ne remportent pas beaucoup de succès et Hitchcock ira même à les renier, tel Champagne! (1928).
C'est en 1929 qu'il réalise Chantage avec une version muette, puis une version parlante. Hitchcock avait fait des enregistrements en cachette.
La grande carrière d'Hitchcock débute avec par exemple un vif succès tel L'homme qui en savait trop (1934) dont il fera un remake en 1956. Il développera le thème de l'innocent accusé à tort et obligé de s'enfuir pour prouver son innocence dans plusieurs films de la période anglaise, comme par exemple : Les 39 marches ou Jeune et innocent.
La réputation d'Hitchcock franchit l'Atlantique et vers la fin des années 1930,David O. Selznick lui demande de venir à Hollywood.
Selznick demande à Hitchcock de réaliser Titanic. Mais Hitchcock préfère tourner Rebecca (1940). Très vite des tensions entre Hitchcock et Selznick apparaissent, et Hitchcock choisit de se produire. Au début des années 50, il crée une série télévisée intitulée "Alfred Hitchcock Presents".
Les films réalisés par Alfred Hitchcock entre 1954 et 1963 sont en général considérés comme ses plus grands films. Par exemple, Sueurs froides (1958) ou Psychose (1960). Avec Les Oiseaux en 1963.
Les derniers films de Hitchcock sont peut-être moins ambitieux. Les films réalisés après Marnie (1964) n'ont pas la même dimension que ceux de son âge d'or.
Il meurt à Los Angeles en 1980


Deux parties dans la longue carrière d'Hitchcock : la période anglaise de 1922 à 1940, puis la période américaine qui le conduit à travailler dans les principaux studios d'Hollywood, Paramount, Warner, M.G.M., Fox, Universal.
Né à Londres, d'un père marchand de volailles, Hitchcock a fait ses études chez les jésuites puis a envisagé une carrière d'ingénieur vite abandonnée. En 1920, il écrit des sous-titres pour une compagnie de cinéma. Le producteur Michael Balcon le remarque et lui donne sa chance. Mais le premier film que dirige Hitchcock, Number Thirteen en 1922, demeura inachevé. Assistant de Graham Cutts et monteur, il tourne et achève enfin, en 1925, sa première oeuvre, The Pleasure Garden, où ne discernent guère les futures qualité du maître du suspense. Il faut attendre The Lodger, où il met en scène Jack l'éventreur, pour vois s'affirmer son talent. Suivent Blackmail et Murder : art de conter et science des éclairages dérivée de l'expressionisme allemand découvert à la faveur d'un séjour en Allemagne dans les studios de l'U.F.A caractérisent le style d'Hitchcock. La maîtrise du réalisateur s'affirme dans deux oeuvres où l'humour s'allie au suspens et qui sont d'énormes succès commerciaux : Les 39 marches (excellente adaptation du roman de Buchanan) et Une femme disparaît. La période anglaise se clôt sur une adaptation de Daphné du Maurier, La Taverne de la Jamaïque. Cette période d'Hitchcock fut longtemps tenue pour négligeable, on tend à la redécouvrir aujourd'hui.

La période américaine s'ouvre également sous une adaptation de Daphné du Maurier. David O'Selznick avait attiré Hitchcock aux Etats-Unis pour lui confier la direction de Rebecca avec Joan Fontaine et Laurence Olivier. C'est un triomphe consacré par un oscar. Hitchcock s'installe à Hollywood. Il va utiliser à son profit les conditions techniques exceptionnelles qui lui sont offertes. Films d'espionnage (le terrifiant Notorious qui réunit la plus belle galerie de mines patibulaires jamais vue jusqu'alors à l'écran), histoires criminelles (La Corde, Le Grand Alibi, avec Marlene Dietrich, L'Inconnu du Nord-Express, auquel collabore du bout des lèvres Raymond Chandler), simples comédies (M. et Mme Smith), l'oeuvre qui achève de se dessiner va faire délirer la jeune critique des Cahiers du Cinéma et faire passer Hitchcock du rang de spécialiste chevronné du suspense à celui de grand maître du cinéma à l'égal d'un Renoir, d'un Murnau ou d'un Dreyer. François Truffaut expliquera, dans Le cinéma selon Hitchcock les raisons d'une telle fascination: "Son oeuvre est à la fois commerciale et expérimentale, universelle comme le Ben-Hur de William Wyler et confidentielle comme Fireworks de Kenneth Anger." C'est Fenêtre sur Cour et Sueurs Froides qui provoquent le choc décisif.

Sur le plan technique, Hitchcock se révèle un remarquable technicien. Il est d'usage de citer La Corde, film tourné en continuité, où le travelling sur une tête réduite dans Under Capricorn. En fait Hitchcock n'en est pas dupe : "Je ne veux pas, confie-t-il au Monde, en 1955, que l'intrigue suive la technique. J'adapte la technique à l'intrigue. Un bel angle de prise de vues peut causer un effet qui satisfait le chef opérateur, ou même le metteur en scène. Mais la question est de savoir si, dramatiquement, ce plan est la meilleure façon de raconter l'histoire." Eric Rohmer et Claude Chabrol ont proposé une explication métaphysique de l'oeuvre de Hitchcock. Ses héros "participent à la fois de la culpabilité et de l'innocence. L'innocent sera d'autant plus coupable qu'il est absolument innocent et vice versa." Fondée sur deux films I Confess (un prêtre est accusé d'un crime dont il connaît le vrai coupable, celui-ci s'étant confessé à lui) et Le Faux Coupable (The Wrong Man), une telle analyse se défend, mais elle ne fournit en rien la clef d'une oeuvre trop diverse pour être enfermée dans une vue schématique.
S'il y a un secret d'Hitchcock, peut-être faut-il le chercher dans la manière dont il signe ses films : il apparaît dans la presque totalité d'entre eux (et même sous forme de publicité de journal dans Lifeboat), le temps d'un ou deux plans, comme ces artistes du Moyen-Age qui se représentaient dans leurs oeuvres.

Jean TULARD (Dictionnaire du Cinéma, Les réalisateurs, Collection Bouquins)


Toute l'oeuvre d'Alfred Hitchcock est construite autour de schémas psychanalytiques, même si, extérieurement, elle peut adopter les formes du récit policier ou d'espionnage.
L'influence exercée par la psychanalyse sur Hitchcock est tout à fait explicite dans deux au moins de ses films : La Maison du Dr Edwards (Spellbound, 1945) et Pas de Printemps pour Marnie ( Marnie, 1964). Dans La Maison du Dr Edwards, Hitchcock utilise des décors surréalistes - dus à l'imagination du peintre Salvador Dali - dans les séquences de rêve. A travers l'interprétation de ceux-ci , nous découvrirons peu à peu que le "docteur" Edwards, qui se fait passer pour un médecin psychiatre, est en fait un malade mental soupçonné d'avoir tué Edwards. Une doctoresse amoureuse de lui l'aidera à recouvrer la mémoire. Dans Marnie, c'est surtout le thème du traumatisme infantile qui est évoqué : une enquête de type policier permettra à Marnie de se remémorer un événement tragique de son enfance, et ainsi de guérir de sa névrose.
C'est en 1941 que Hitchcock réalisa sa première oeuvre teintée de freudisme : Soupçons (Suspicion), qui raconte comment une femme de la gentry britannique s'aperçoit que l'homme séduisant qu'elle a épousé en veut surtout à sa dot. Elle apprend qu'il s'est renseigné sur son assurance vie. La mort d'un homme, à laquelle son mari n'est sans doute pas étranger, changera peu à peu ses soupçons en une certitude angoissée. Le thème de L'Ombre du Doute (Shadow of a doubt, 1943) est comparable à celui de Soupçons : une jeune fille découvre que son oncle ne mérite pas l'adoration qu'elle lui voue; on le soupçonne en effet d'être l'assassin de riches veuves. La jeune fille échappe par deux fois à des tentatives d'assassinat montées par cet oncle, qui va trouver la mort au de sa troisième tentative en tombant d'un train en marche. On lui fera des obsèques grandioses : sa nièce et le policier tairont la vérité.
Les Enchaînés (Notorious, 1946) se présente comme un récit d'espionnage, mais son atmosphère faite de soupçons et de malaises le rattache directement au thriller. Le personnage interprété par Ingrid Bergman est celui de la victime idéale, incapable de lutter contre ses bourreaux. Par amour pour un agent secret américain nommé Delvin (Gary Grant), cette femme a épousé un ami de son père dans le seul but de l'espionner. Celui-ci est en effet un espion nazi réfugié en Amérique du Sud. Il s'aperçoit bien vite que son épouse l'a trahi; aidé par sa mère, une femme jalouse et fanatique, il la séquestre et tente de l'enpoisonner. Delvin sauve la malheureuse au tout dernier moment - ce qui permet à Hitchcock de nous donner l'une des scènes les plus éblouissantes de toute l'histoire du cinéma. Retenons aussi le caractère érotique de la première séquence, au cours de laquelle les deux amants ne cessent de se caresser et de s'embrasser tout en téléphonant.
La Corde (The Rope, 1948) se rattache tout à la fois à la tradition du crime parfait et à celle de l'acte gratuit.Deux jeunes gens en assassinent un troisième tout simplement parce qu'ils le jugent indigne de vivre. Ils le cachent dans une malle et invitent à une soirée les parents, la fiancée et le professeur qui avait développé certaines théories pouvant justifier le meurtre découvrira celui-ci.

Dans L'Inconnu du Nord-Express (Strangers on a train, 1941), le thème du crime parfait est lié à celui du complexe d'Oedipe : Bruno Anthony, qui déteste son père, propose à Guy Hains, un champion de tennis qu'il a rencontré dans le train, de le tuer. En échange, il assassinera la femme de Hains.

Encyclopédie Alpha du Cinéma (René Prédal, Gérard Langlois, Raul Contel, Manuel Rotellar, Domenec Font, Henri Poncet, Emili Teixidor, Annette Colliot-Thélène)


Alfred Hitchcock et ses femmes d'extérieur, conférence de Marie-Anne Guérin à la Cinémathèque Française le 1er Mars 2011

Comme beaucoup des personnages féminins qui l'ont précédée, mais plus encore, Marnie néglige les lois et ouvre un espace cinématographique inédit de fuite et de filature. Et c'est dans sa période américaine qu'Hitchcock, systématiquement, flanque ses héroïnes à la porte. Sans foyer, ce sont des délinquantes dont le destin s'accomplit dehors, dans les rues, sur les quais de gare, dans les cimetières et les motels...






Marie-Anne Guérin, Enseignante et formatrice Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis


Alfred Hitchcock : pour une réévaluation de la période anglaise, conférence de Marcos Uzal à la Cinémathèque Française le 17 Janvier 2011

Les partisans de "la politique des auteurs", qui firent d'Hitchcock un exemple, étaient à la fois hollywoodophiles et hostiles au cinéma anglais. Ce qui engendra une certaine minoration de la période anglaise du cinéaste. L'opposition entre les deux périodes s'avère aujourd'hui bien schématique et injuste, et les films anglais d'Hitchcock méritent d'être considérés autrement que comme d'intéressants tâtonnements : le génie y fait plus que sommeiller.






Marcos Uzal, est un critique de cinéma, réalisateur et directeur de collection français.


Alfred Hitchcock : comment pouvait-on être Hitcocko-Hitchcockien ? , conférence de Serge Toubiana à la Cinémathèque Française le 10 Janvier 2011

Longtemps, "le maître du suspense" ne fut pas pris au sérieux, autant aux Etats-Unis qu'en France. Par quelles voies critiques son nom est-il devenu, au tournant des années 1950-1960, synonyme presque à lui seul du 7ème art et le cinéaste préféré de tant de cinéastes ?






Serge Toubiana, est un journaliste et critique de cinéma français.



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